
fin d’analyse,
ce qui m’a amené à parler hébreu
au cours de la huitième année de psychanalyse, j’ai ressenti un mal de vivre allant croissant, intense, singulier, il me semblait que j’allais mourir. J’arrivais à me dire que c’était peut-être une attitude de complaisance, mais l’impression de mourir était récurrente, et cet état a persisté près d’une année .
la difficulté à parler au cours des séances était très grande, j’étais dans un état de semi-mutisme, envahie par des pensées du genre « cette chose- là je ne peux pas la dire », « cette situation est trop complexe, je ne sais pas la décrire », « dire la chose de cette façon ne me convient pas ce n’est pas vrai « , « je n’ai pas les mots, je ne trouve pas les mots « , et aussi l’impression constante d’un agglutinat de mensonges,
j’avais mal de ne pouvoir parler et j’avais l’impression que j’allais mourir .
Au cours d’une séance où cette impression était particulièrement intense, j’ai eu comme une sorte de vision, j’ai vu ma grand-mère maternelle – qui était décédée depuis plus de dix ans – elle était souriante et elle disait quelque chose en arabe en prononçant la gutturale « ch » en allemand ou en arabe ,« h’et » en hébreu.
A cette représentation s’est associée une pensée que j’ai pu exprimer, c’était quelque chose comme, elle est une simple et il y a de la joie en elle, et moi j’ai beaucoup étudié, je ne comprends pas de quoi est fait ce sourire, cette innocence, et je suis envahie par une impression de mort.
Afin de donner un déchiffrage de cette représentation, je relate maintenant le souvenir afférent à ma grand-mère Joséphine, qui s’est établi au fil des années, au fur et à mesure que se déliait la condensation singulière de son apparition souriante qui faisait suite à un sentiment oppressant de mort, le récit n’est pas chronologique.
Ma grand-mère ne savait ni lire ni écrire, situation qui nous avait embarrassé.
elle était née alors que sa mère avait plus de 56 ans, mon arrière grand-père avait été mobilisé quelques années auparavant dans l’armée française envoyé au front lutter contre l’armée de Bismarck.
Les grands-parents de ma mère étaient algériens, ils avaient à cette époque la nationalité française.
La grand-mère de ma mère restée sans nouvelles durant deux années, vit son mari revenir de la guerre et encore deux petites filles vinrent au monde.
La première était Julie et la deuxième Joséphine. Julie était intelligente, elle avait une noblesse de caractère, elle fut veuve trois fois et n’eut pas d’enfant.
Joséphine fut élevée par ses grandes sœurs qui la gâtait, elle ne fit pas d’effort pour aller à l’école elle se maria, eut sept enfants, trois moururent en bas âge et pendant la deuxième guerre mondiale ma mère vécut sa sœur cadette mourut, le frère ainé de ma mère enterra son frère cadet.
J’ai connu ma grand’mère Joséphine comme une femme sensée et polémique. Elle avait fait étudier ma mère dans une école chrétienne parce qu’elle regrettait son analphabétisme et j’ai toujours vu ma mère et ma grand-mère se disputer.
Je connais ma tante Julie par le fait qu’à l’âge de onze ans, je faisais le courrier de ma grand-mère Joséphine .
C’était en 1962, les français quittaient l’Algérie qui devenait autonome, il y avait des tueries dans les rues à Oran, à Alger. Les algériens attrapaient les français qui étaient encore là (la plupart des femmes et des enfants avaient été rapatriés) et les tuaient par dizaines par arme blanche dans la rue, je le sais parce qu’un parent par alliance a vu ses jours se terminer de cette façon
Ma tant Julie était à Oran, elle avait 77 ans, elle vivait dans sa maison, elle était respectée, les mêmes algériens qui tuaient les français , lorsqu’elle sortait pour acheter ses vivres lui ramenaient ses paniers à la maison.
Ma grand-mère l’exhortait à venir en France à cause du danger, Julie ne voulait pas elle ne craignait pas les événements, elle craignait plutôt la cohabitation .
J’ai écrit plusieurs lettres pas toujours comme le demandait ma grand-mère, je ne partageais pas l’esprit de partialité qui l’animait, finalement Julie est venue en France, il y a eu les palabres de ma grand-mère, Julie se cassa le col du fémur et démunie elle demanda à partir à la maison de retraite de Pfastatt.
Mon père est la seule personne qui lui ait rendu visite et j’allais avec lui.
Il lui prenait la main et s’asseyait plus bas qu’elle et ils restaient comme ça sans rien dire ou en disant des banalités et ils souriaient.
Je sais que mon pèreזל faisait la prescription ordonnant le respect des parents à un très haut niveau spirituel, et RABI NAHMAN ני dit que lorsqu’on accomplit une prescription à un très haut niveau il est possible d’accomplir toutes les prescriptions dans cette prescription, je dis cela parce que mon père méconnaissait certains faits, mais peut-être que la conscience qu’il n’avait pas a été attribuée plus tard .
.
quand j’ai eu une fille je l’ai appelée du nom de ma tante .
plus tard encore en analyse dans cette situation d’oppression, je voyais ma grand-mère Joséphine (Joséphine et pas Julie ) parlant arabe en prononçant le son « ch » ou lettre « חית » h’et, et je la voyais heureuse, et je dois dire aussi que j’étais contrariée parce que c’était Joséphine et pas Julie, mais néanmoins Joséphine n’apparaissait pas dans cette représentation comme je l’avais vu dans certains moments de la vie familiale,
je suis sortie de séance et comme impulsivement guidée par l’énonciation de ce h’et que je ne connaissais pas, je suis allée à la librairie berger-levraut à STRASBOURG acheter une grammaire arabe à laquelle je n’ai rien compris
je reprends mon récit de façon rétrograde
l’association d’idée en analyse concernant ma grand’mère était qu’elle était une simple, avec une connotation d’innocence, et avec cette simplicité elle avait traversé dans sa vie des événements inouïs, ce en contraste avec ma vie qui paraissait extrêmement terne, voire obsolète
ces évènements c’était l’instauration du régime nazi à ORAN,
je la voyais dans sa simplicité se confronter à la terreur et à l’effroi phénoménal du régime nazi
et par contraste je me voyais immobilisée et honteusement amoindrie par une angoisse qui restait sans fondement,
mon grand-père venait de mourir d’ypérite ou de tuberculose, un jour avant il avait marier ma mère en secret, mon père avait sereinement pris ma mère sans savoir combien de jours ma mère vivrait encore, le frère ainé de ma mère mobilisé était parti en Italie enterrer son frère cadet tué au front , la sœur cadette de ma mère était mourante, ma mère institutrice portait l’étoile jaune et tentait d’apprendre le droit choquée par l’exaction nazie, elle réouvrait l’épicerie de son père fermée par la kommandantur,
elle était déjà très malade, quelques mois plus tard l’armée américaine débarquait en Algérie, ma mère affaiblie était atteinte de fièvre typhoïde, hospitalisée dans une salle commune avec une quarantaine de contaminées elle fut la seule survivante,
Une année plus tard peu de temps avant la fin de la guerre, elle fut rapatriée sanitaire dans le sud de la France, ses poumons étaient remplis de cavernes tuberculiniques elle fut opérée par un étrange médecin qui laissa des sections musculaires aberrantes et un dos scoliotique,
je suis née un CHABAT après dix ans de mariage, j’étais la quatrième grossesse de ma mère et le premier enfant vivant, après la naissance de mon frère élevé par une nourrice non israélite, mon père fit probablement stériliser ma mère qui désirait encore des enfants et ma mère se voyant empêchée d’engendrer se refusait à mon père et mon père ne disait rien .
Je n’ai appris ces choses que près de vingt années plus tard par bribes, mue par des réflexions singulières qui venaient après les lectures de שמות הצדיקים CHEMOT HATSADIKIM ( lecture du nom des justes ) ou les heures de HITBODEDOUT ( esseulement avec hashem ) dans le ICHOUV IBE HANAHAL et par le rapprochement à RAV ISRAEL BEER נ י .
J’y ai appris aussi que ma tante Fanny, sœur cadette de mon père, terrorisée par le port de l’étoile jaune, elle était âgée de seize ans , s’était convertie chez les missionnaires chrétiens,
Tel est à peu près le contenu de l’inouï, et ma grand-mère Joséphine avait traversé tous ses évènements, et dans sa naïveté elle les neutralisait et conservait une joie simple et moi j’avais beaucoup étudié et mes connaissances m’étaient un poison d ‘âme,
donc en sortant de séance, j’étais allée acheter une grammaire arabe à laquelle je n’avais rien compris .
C’était le ramadan, une amie psychanalysante algérienne m’a invitée, j’ai raconté cette histoire,
elles m’ont dit, il y avait aussi une amie psychanalysante grecque, tu ne dois pas apprendre à parler arabe mais tu dois apprendre l’hébreu,
pour la première fois, depuis plusieurs mois de tension intérieure, j’ai commencé à me sentir mieux, elles m’ont mise en relation avec une israélite qui étudiait le SEFER IONA, le livre du prophète qui a été avalé par une baleine,
j’ai dit à cette israélite je ne veux pas faire de philosophie , je veux seulement apprendre à lire.
On m’a apporté plusieurs livres de TALMUD TORA en usage en ALSACE, j’ai refusé les livres, la calligraphie ne me convenait pas.
Le mois de ELOUL, qui précède la célébration de l’année hébraïque, on m’a apporté le MASSORET.
A la séance qui suivait l’apparition de ma grand’mère, j’ai dit à mon analyste que j’allais faire תשובה techouva (retour vers hashem) elle m’a dit « vous n’y arriverez pas » comme si elle avait déjà étudié la question ,
je n’ai rien dit,
je roulais en vélo place de l’université à STRASBOURG,
je voyais les pavés sur la chaussée,
cela me rappelait « la tour de BABEL » de Breughel l’ancien, il a une technique qui lui permet de dessiner des briques qui ont moins de un millimètre, brique après brique, avec un relief et une présence,
ce tableau me donnait une impression de maîtrise phénoménale et inquiétante,
cette tour inachevée érigée par les descendants de NOAH après le déluge devait établir une limite entre le ciel et la terre,
c’est-à-dire que les hommes de cette génération ( qui étaient forts et intelligents ) entendaient laisser à HASHEM les décrets célestes, et prendre quant à eux l’administration terrestre de l’humanité,
les hommes depuis le début des temps parlaient l’hébreu,
le projet d’administration terrestre ne recevant pas l’agrément divin,
HASHEM venu voir la tour, va « mélanger » la langue, le mot « babel » vient du mot « balal » qui signifie mélanger, comme quand on mélange de la farine avec de l’huile,
du fait du « mélange « des malentendus extrêmement graves apparaissent entre les hommes, et la construction de la tour est arrêtée
je me voyais au fond d’un puits, tout en haut il y avait de la lumière,
moi j’étais dans les ténèbres, je devais remonter le puits, brique après brique,
( le puits apparait maintenant dans le travail d’écriture comme l’intérieur de la tour ) ,
je devais remonter le puits pour en quelque sorte sortir du mélange des communications,
j’étais sans force,
je passais devant la grande synagogue,
il y est écrit « plus fort que ton épée est mon esprit »,
je relisais cette phrase sans pouvoir comprendre,
j’étais accablée par des mots que je ne comprenais pas
je me suis dit que mon effroi et ma faiblesse étaient en rapport avec des fautes mais quelles étaient-elles?
il me semblait avoir une immensité à accomplir et j’étais un être inarticulé et triste .
j’ai attendu le mois de septembre, bien tard me semblait-il par rapport au besoin d’apprendre et à ma faiblesse d’initiative, je ne savais pas encore qu’il faut attendre,
dans la TORA (enseignement) VAV (6 ) de la première partie du LIKOUTEI MOHARAN ( recueil des enseignements de RABI NAHMAN נ י ) il est écrit que lorsque l’on veut retourner vers HASHEM et parce qu’il nous semble alors qu’il faut fuir d’un déluge de ténèbres, et malgré cette injonction de fuir, et du fait de notre éloignement, néanmoins il faut attendre .
חודש אלול , après le nouvel an des animaux, on m’a apporté un מסורת MASORET, livre de lecture des enfants de trois ans des écoles ULTRA ORTHODOXES, j’ai accepté de lire ce livre ,
RABI NAHMAN נ י dit qu’il y a des niveaux d’aptitude des livres selon les intentions de ceux qui les écrivent ou qui les impriment, cela dépend de la relation qu’on a avec le juste de la génération, s’il nous est alors révélé ou pas, cela ne change pas,
j’étais d’une intransigeance extrême, avec le temps j’ai compris que le juste est d’une orthodoxie extrême,
je percevais ces faits avec une très grande précision, j’avais peur d’en parler, j’avais peur qu’on me dise que je délire ou, comme mon analyste qui savait que je ne délirais pas et qui savait aussi beaucoup de choses et qui disait qu’on ne peut pas y arriver ,
je n’étais pas dans la même situation,
pour moi c’était comme, cette intransigeance-là ou, me confronter à un néant indicible qui menait à la mort, avec certitude,
bien qu’alors je me tenais dans ce réel de l’intransigeance ou de la mort, sans pouvoir verbaliser la chose comme je peux le faire à présent .
פסח תשס ט vingt cinq ans plus tard j’ai acheté un livre de ZAMIR COHEN נ י avec des représentations du système solaire pour mes petits-enfants,
il y avait des articles sur la mort clinique, phénomène dont on parlait beaucoup à TELAVIV depuis quelques années et qui ne m’intéressait pas particulièrement,
il y avait une psychiatre – ELISABETH KUBLER ROOS – qui décrivait des expériences OBE OUT BODY EXIT, j’ai vu que ces expériences ressemblaient à des situations que j’avais traversé, après quelque temps la peur qu’on me dise que je délire a disparu complètement
alors j’ai repris l’écriture de ces faits,
j’ai arrêté mon analyse au terme de la huitième année, je suis partie dans le SUNDGAU dans un lieu qui permettait de faire un retour vers HASHEM,
un retour qui a été aussi un chemin de ronces et d’épines,
j’avais la tête cassée, je la voyais ainsi une tête brisée comme une vitre dont les morceaux ne sont pas encore dissociés,
j’étais arrêtée dans mon travail de thèse, il semblait que lorsque je saurais prier je pourrais écrire, j’étais en fin d’internat et ma thèse n’était pas écrite, et ce n’était pas si difficile, on me proposait des remplacements en médecine générale, j’en avais déjà fait,
je ne voulais rien savoir de ce genre de travail, j’étais dans une sorte d’absence, un BURN OUT,
je refusais toute action qui me confrontait à des faits de matérialité, ou qui m’éloignait d’une finalité que je ne pouvais pas définir,
les choses se sont passées ainsi, j’ai commencé à prier et quand j’ai pu dire la prière des dix-huit bénédictions, j’ai pu terminer la rédaction de ma thèse,
je ne dis pas ce qu’est pour moi la prière des dix-huit bénédictions,
dix-huit se dit en hébreu חי et s’écrit IOUD H’ET , qui signifie VIVANT
j’étais alors un peu comme il est relaté dans l’histoire des sept mendiants de RABI NAHMAN ני un être sans mains et sans pieds,
je le suis restée encore et cela ne me dérange pas,
dans cet endroit HEGENHEIM, il n’y avait aussi pas assez d’orthodoxie, ce n’est qu’après lorsque je suis partie en ארץ ישראל , ERETS ISRAEL, que j’ai commencé à suivre les enseignements de RABI NAHMAN ני en achetant ses livres et en les lisant, et après quand j’ai été approché à RAV ISRAEL BEER ני , j’ai pu à nouveau m’apaiser, m’extirper de la rigidité religieuse ou de l’apathie, dont souffrent ceux qui ne sont pas attachés au juste véritable,
et même lorsqu’ils y sont attachés et qu’ ils ne pratiquent pas ses enseignements SELON LA FORCE DE LEUR CERVEAU,
j’ai commencé à comprendre les enseignements de RABI NAHMAN ני , par fragments,
après mon premier voyage à OUMAN, j’ai acheté le לקוטי הלכות , LIKOUTEI HALACOT c’est un livre que les femmes ne lisent pas en général, il y a eu un homme, il faut dire plutôt une personne atteinte d’une maladie d’orthodoxie ( malade mental pervers orthodoxe ) qui l’a fait disparaître, RAV ISRAEL BEER ני m’en a donné un autre, les hommes ont des comportements aberrants et nuisibles, et les justes nous protègent,
je lisais avec lenteur et d’ habitude après peu de temps je m’endormais,
je lisais comme les enfants de six ans, syllabe après syllabe avec une grande concentration, un peu comme quelqu’un qui est atteint d’ un déficit mental,
un jour , je lis le mot הבראם ( HIBARAM ) et le commentaire de RABI NATAN ני qui dit qu’il formé des mêmes lettres que אברהם ( ABRAHAM ) ce jour-là une impression profonde s’est faite en moi, mon cerveau s’est éveillé, j’avais peut-être quarante ans, la lecture ne m’a plus endormie,
il faut comprendre que du fait que la lecture m’endormait, et depuis que j’étais enfant, je n’ai pas lu grand-chose, à part des livres de mathématiques, de physique ou de médecine, et un ou deux volumes de DOSTOIEVSKI qui est une lecture âpre comme un sol rugueux sur lequel on avance difficilement, quelques chapitres de LACAN et ceux de SIGMUND FREUD, HERGE et UDERZO, et puis ANTONIN ARTAUD.
après les épines et les ronces, j’ai commencé à lire le לקוטי מוהר ן LIKOUTEI MOHARAN, il faut pleurer parce que les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards, ne lisent pas chaque jour de leur vie ce livre,
parce que par ce livre HASHEM a versé dans le monde une lumière qui annihile la morosité et la tristesse ,
j’ai lu le premier enseignement אשרי תמימי דרך
heureux les simples de chemin , sous-entendu chemin d’HASHEM ,
( traduction de JACQUES COHN ני heureux ceux dont la voie est intègre qui suivent la voie de l’éternel )
je dis heureux les simples de chemin
l’étude du premier enseignement de RABI NAHMAN ני se situe à peu près dix ans après « l’apparition » de ma grand-mère en analyse, la représentation venant me proposer de « parler » une lettre gutturale qui se dit חית en hébreu comme en allemand le son « CH », alors que dans le même temps je me vois dans une souffrance psychique très grande, confrontée à un néant, non dicible, oppressif, angoisse de mort .
dans cet enseignement il est dit que le חן
-mot formé par les lettres hébraïques חית H’ET et NOUN SOFIT
( traduction de SOFIT: final )
qui est le fait de l’assentiment d’ HASHEM, assujetti à un être humain,
ou simplement le fait d’être en lien de conscience avec HASHEM,
terme généralement traduit par le mot grâce,
a été retiré à ISRAEL, et que cela peut lui être rendu ,
la première lettre de חן qui est חית H’ET, est rapporté par RABI NAHMAN ני au concept de חיות qui signifie force de vie, par pure logique grammaticale,
חיות est la forme substantive grammaticalement de חית , qui par ailleurs est la huitième lettre et le chiffre huit
une allusion, le monde a été crée en sept jours, six jours de création, un jour de repos, le chiffre huit a un lien avec un au-delà de la matérialité, et c’est cet au-delà qui « substante « la force de vie,
RABI NAHMAN ני va utiliser un verset de l’ecclésiaste 7
החכמה תחיה בעליה קהלת ז
( la traduction habituelle est la sagesse prolonge la vie de ceux qui la possède, je traduis littéralement par , l’intelligence fait vivre ou encore l’intelligence donne une force de vie à ceux qui la pratiquent )
pour nous amener à apprendre un lien de fondement entre חיות et חכמה, force de vie et intellect,
quelque chose comme que le concept d’une chose est la vitalité de cette chose ,
et que de ce fait une intelligence ou une vitalité particulière est donné à celui qui considère chaque chose selon sa conception,
c’est à dire son intelligence première, intelligence de droit,
tel peut être une transcription de ראשית חכמה
il faut comprendre qu’il s’agit d’une voie éthique, puisqu’il va nous montrer par après, toujours à l’aide des PROVERBES, qu’il est possible d’utiliser l’intellect à une fin autre radicalement,
משלי יח לא יחפץ כסיל בתבונה כי אם בהתגלות לבו
כסיל généralement traduit par sot est un avatar du mot שכל intellect,
par inversion du ש CHIN et du כ CAF ,
dérision subtile qui nous dit que si on n’utilise pas le potentiel cérébral שכל , selon un ordre requis, ce même potentiel va produire de la כשילות barbouillage cérébral, sottise,
( ce qui arrive à celui qui ne considère pas une chose selon son fondement ou son concept premier, intelligence de droit )
le sot va rejeter l’intelligence intuitive ( intelligence de droit ) pour une pratique d’assouvissement de son désir,
utilisation d’opposition radicale à ראשית חכמה , intelligence de droit,
l’enseignement continue et va nous dire que l’intellect ( à comprendre comme concept ) de chaque chose qu’il désigne par la lettre חית H’ET de חיות ( vitalité ) est une lumière très grande qui ne peut être reçue que par le fait d’une autre lettre qui est le ן NOUN SOFIT selon ce qui est écrit dans תהילים PSAUMES 72 לפני שמש ינון שמו
( la lettre H’ET « vitalité » détient une force telle que si elle ne passe pas par la fente lettre longiligne toute droite qu’est le NOUN SOFIT, elle fait éclater le concept, quelque chose comme le signifiant, on appelle cela שבירת הכלים CASSURE DES CONCEPTS )
traduction approximative son nom se tiendra face au soleil il s’agit du משיח , la traduction littérale étant que son nom va se » nouner », se rendre NOUN devant le soleil ( lumière )
le ן NOUN SOFIT est une lettre toute droite qui garde son intégrité ( ce qui veut dire qu’ elle ne reçoit aucune influence )
cet enseignement vient nous dire que celui qui « pratique « la lettre חית H’ET, à savoir qu’il s’astreint à comprendre chaque chose selon son concept et sa limite en « intelligence de droit »
et la lettre נון NOUN à savoir qu’il reste intègre, qu’il garde le concept en toute rectitude, sans aucune influence étrangère,
comme un pauvre, דלית לה מגרמה כלום כי אם מה שמקבלת מחכמה,
חכמה est cette lumière très vive qui ne peut rester intègre que par la lettre NOUN
alors celui qui pratique la lettre NOUN s’approche de la royauté vraie et s’éloigne de la royauté d’imposture dénommée vieux roi sot par l’ ECCLESIASTE,
et de quelle façon s’éloigne-t-on de la royauté d’imposture, en s’attelant à étudier la TORA בכח, en force, que veut dire en force, cela veut dire qu’il faut que les oreilles entendent l’énonciation de la bouche, étude différente radicalement de l’étude des textes profanes qui est une lecture mentale, visuelle,
de cette façon le NOUN ן reçoit une vitalité du H’ET ח et ainsi se forme l’articulation des deux lettres H’ET et NOUN qui est le חן l’assentiment, la GRACE pour ceux qui pourront suivre ce développement,
la première fois que j’ai lu cet enseignement, je n’ai pas compris ces données avec autant de clarté, j’ai compris que la lettre H’ET avait une signification de vitalité fondamentalement,
alors j’ai repris l’analyse de ma « vision » de grand-mère, dans une transformation radicale,
je me trouvais dans une souffrance qui confinait à la mort,
le sourire de ma grand-mère avec l’énonciation de la lettre H’ET m’invitait à me tourner vers la vie, paradoxe singulier,
longtemps je rapprochais l’énonciation de la lettre H’ET à la notion de חטיים , transgressions, et j’étais oppressée d’angoisses parce que je ne comprenais pas mes fautes,
j’avais appris en analyse que les défenses, les écrans et les déplacements qui viennent travestir les significations venues de l’inconscient, sont souvent en rapport avec des sentiments de culpabilité et des sentiments dépressifs qui abolissent littéralement le travail psychique ou qui le noient et qui laissent le sujet dans une situation de désarroi qui peut mener à un passage à l’acte ou même au suicide,
et il me semble que parce que le sujet n’adhère pas au désarroi, que malgré le déroulement intérieur d’évènements accusateurs, de sentiments de perte, qui sont générés par des discours/ des concepts aliénants,
il arrive à défaire sa pensée imaginaire, par le recours à un autre registre, comme une nouveauté, une innocence, qui va casser les sentiments négatifs, IL N’ADHERE PAS AUX PAROLES D’ ALIENATION,
un signifiant comme חטיים qui le confine à l’angoisse va être changer par un signifiant comme חיות force de vie,
on appelle cela interprétation, c’est une façon de comprendre dans le même fait quelque chose qui peut être radicalement différent,
c’est un peu la métaphore d’un rayon de soleil qui traverse un ciel brouillé ça change le paysage
personne ne peut dire d’où vient l’éclairage, mais cette lumière vient donner un sens différent,
en hébreu cela se dit פרוש הבנה
dans le premier enseignement, RABI NAHMAN ני cite un verset de הושע יד HOCHEA 14
כי ישרים דרכי ה צדיקים ילכו בם ופשעים יכשלו בם
DROITES SONT LES VOIES D’HASHEM LES JUSTES LES SUIVENT ET LES MECHANTS S’Y FOURVOIENT
le signifiant, le mot pour dire est à double fonction, ça dépend de ce qui pourrait se dire ESPRIT en langue profane,
plus tard encore je me suis trouvée dans le psaume 107
יושבי חשך וצלמות אסירי עני וברזל
כי המרו אמרי אל ועצת עליון נאצו
ויכנע בעמל לבם כשלו ואין עזר