
il y a quelques années un homme est arrivé en consultation, JEANPW, il avait près de 70 ans, une constitution pléthorique, il était essoufflé, habillé de façon respectable et pauvre avec des détails d’extériorité ( une fleur à la boutonnière ), un vieux cartable en cuir très lourd chargé d’écrits en vrac, poèmes en prose, nouvelles, contes,
il parlait de façon profuse, je devais souvent l’arrêter, je ne comprenais pas le mot à mot de ses paroles, et je comprenais qu’il y avait une sémantique, les mots s’emboutissaient les uns dans les autres cela donnait une parole peu compréhensible, mais le contact était vrai, il y avait une empathie, un perçu relationnel entre le locuteur et celui qui tentait de déchiffrer, il y avait un respect mutuel qui permettait la communication,
de même JEANPW présentait des écrits, avec le même caractère de confusion que la communication orale, une écriture tremblée illisible dysorthographie avec une sémantique profonde, des thèmes poétiques, religieux, et aussi polémiques, et des chassés croisés grammaticaux, des répétitions des contaminations de concepts,
je comprenais qu’une motion polémique mangeait le discours, angoisse dissociative et dysthymie, une colère intérieure pour le mal qui avait été fait, j’ai prescrit 3 séances d’orthophonie par semaine, c’était un homme empathique et spirituel qui suscitait l’étonnement de celui qui pouvait le suivre, l’orthophoniste avait eu l’intelligence de lui proposer des petits repas simples ( omelettes, soupes, boissons ) qui facilitaient la rééducation,
EMILIE l’accompagne au début, une femme blonde rigide et froide qui boit ses urines pour y récupérer les phénols ( comme les étudiants de SHANGAI ) et qui montre son travail spirituel en me donnant à lire des articles comme celui écrit par des médecins allemands dans un service de cancérologie qui établit que les patients cancéreux qui prient guérissent mieux que les autres, ils ont eu un fils, qui enseigne le français à des immigrants,
JEANPW présente une biographie tourmentée, il nait d’un père alcoolique violent, d’une mère qui subit la violence, il a 2 sœurs la plus âgée est violée par le père emprisonné alors que JEANPW est âgé de 7 ans, il part à l’assistance publique, et est placé chez une soeur de sa mère,
il relate la peur qu’il avait de son père ivre qui lançait des couteaux dans la cuisine, lui sa mère et ses soeurs se réfugiaient dans les églises, ils avaient toujours faim et les voisins leur donnaient à manger,
il arrive à obtenir un certificat d’études, il est fort en math avec une conduite perturbée, il est orienté vers un lycée technique, il fugue à 13 ans fait une tentative d’autolyse, hospitalisé, il travaille dans une ferme, dans une boulangerie et dit avoir été battu par le patron, il fugue à nouveau se trouve dans une situation de vagabondage, il est hospitalisé à BRUMATH qqu semaines il a des idées de persécution, il reçoit de l’haldol et du valium, devient tuberculeux à 17 ans, il est hospitalisé en sanatorium près de STRASBOURG et il rencontre EMILIE une aide-soignante plus agée que lui de 5 ans, il se décrit comme bel homme et très timide, il est très amoureux et après 3 mois de relation ils se marient, ils ont un fils ALDO, au cours de la première année de mariage, après 23 années de vie commune EMILIE demande le divorce du fait de la turbulence comportementale de JEANPW, mais elle continue à l’aider et à le soutenir, elle est très intéressée par ses écrits,
JEANPW a 2 amis, FRANCIS chef de laboratoire de recherche sur les animaux et ROBERT B. secrétaire de mairie,
il a été très jeune hospitalisé en milieu psychiatrique fermé, avec un diagnostic de schizophrénie et des traitements médicamenteux et coercitifs inquiétants ( il parlait d’une psychiatre aliéniste qui faisait sa visite accompagnée de 2 chiens )
et puis il avait été suivi durant 5 années par un psychanalyste strasbourgeois remarquable le DR CHRISTIAN SCHNEIDER qui l’avait beaucoup encouragé à écrire,
à chaque entretien il laissait quelques feuilles de ses écrits,
du fait de la dysgraphie il a fallu près de 3 années de thérapie/ orthophonie, entrecoupées d’hospitalisations du fait de troubles du comportement sur la voie publique qualifiés de péril imminent, et le service d’hospitalisation aussi a participé au rétablissement des écrits,
il a fallu des relectures et corrections de redites pour reconstituer un texte introducteur, je donne une petite anthologie des écrits de JEAN-PAUL WOEHREL
JE VEUX VOUS RACONTER LA LEGENDE DU VIEUX LOUP SOLITAIRE, je m’appelle AGAOR,
je suis le vieux loup gris d’avant la naissance des océans, j’habitais dans l’OURAL bleu près du quatrième soleil,
je possède la science occulte de l’imaginaire du rêve,
je parcours l’immensité des nuits dans des déserts de perdition,
c’est moi qui hurle la colère divine aux humains insensés,
je traverse les ténèbres glacées de terres insondables
je connais une cascade irréelle ou se baignent des oiseaux multicolores,
j’ai entendu des chants de sirènes qui engendrent des licornes blanches,
des milliers d’oiseaux habitent une aube qui emporte vos âmes dans des lieux d’enfer,
je sais tout de vous, je suis votre passé votre présent votre futur aussi,
j’erre avec vous dans des nuits incertaines ou sévit une folie d’apocalypse, j’intercède pour votre repos,
je connais le compositeur de la symphonie des malentendus,
fatigué je m’étends sur un nuage de saphir dans un halo d’étoiles de braise et de bourrasques que le maitre des vents répand sur des oiseaux dorés
je l’ai aidé à se servir de la foudre pour graver un parchemin de pierre qui s’écrit et qui s’efface perpétuellement,
des anges entourent le trône céleste et des vieillards y pleurent, le roi DAVID annonce la fin promise du désespoir des humains,
sachez je suis plus concret que l’illusoire de ce que vous appelez la vie
AGAOR, si on se réfère à une racine hébraïque psaumes 5 verset 2 בינה הגיגי qui signifie comprends mon dit ( hagigi mon dit ) AGAOR peut s’entendre comme JE DIS LA LUMIERE
J’AIME SAVOIR QUE L’HIRONDELLE arrive en AFRIQUE au point du jour
j’ai croisé la sentinelle du temps qui se repose sur des vagues d’éternité
j’entends dans ma nuit de songes une musique qui vient de l’infini des mondes
les pluies me rappellent les clairs de lune qui s’évadent dans des murmures de vent céleste
des orages agrippent des éclairs qui se perdent dans des déraisons de fin du monde
on pourrait entendre ZAHO de SAGASAN
LA FOLIE QUI SURGIT DU PASSE HANTE MON ESPRIT, la tristesse indicible obscurcit durcit dissocie,
des étendues noires comme des soleils voilés gisent dans des matins dénaturés,
il y a des états d’oubli qui portent le nom de schlag, la cruauté des nuits sans fin de DACHAU et de TREBLINKA,
la rosée forme des linceuls de pourpre blanche,
les certitudes humaines sont des mémoires d’oubli
des ombres de honte retracent les chemins du néant,
les chimères des écrits mensongers instaurent l’oubli abject des ténèbres et de la mort insensée
LA CERTITUDE DE L’I-RAISON
MA SOEUR DE CONNAISSANCE
la fraternité de la pleine lune m’a appris le mot magique du LINGALA
écoute et regarde la plus belle danse du monde dans le décor somptueux des levées de l’aube au pays du mahatma GANDI ( il y a une contamination il écrit le « magma » GANDI le magma c’est lui )
le mouvement majestueux de mon frère le tigre à la source du GANGE mystique,
la venue du jour du DIEU RAT soleil des certitudes, ciel de moussons, au pays des alchimies de la métempsychose de l’immortalité
le jour crépusculaire du futur ciel d’une nuit mourante
le dessin de l’arc en ciel que le vent rejoint
les murmures de la fontaine des béatitudes se versent à la frontière du CONGO, le guépard moucheté y court à la vitesse de l’éclair et des multitudes d’hirondelles migrantes atteignent le ciel de FRANCE,
il fait si beau quand l’amour de ma vie parle avec sa maman en ce jour de fête des mères ce dimanche 03.05.2012 à 19.17 en ce parchemin d’ordinateur … SAINT-JEAN-DIT-LA-LUMIERE
à FRANCOISE ( c’est l’orthophoniste )
PRELUDE NUPTIAL
le ciel est gris les nuages tournoient
la mer en furie jette ses vagues sur les rochers
les barques s’entrechoquent et font gémir leur bois
les volets claquent sous les gifles du vent
la lune perce les brumes de la nuit
un oiseau hurle, le guépard se repose, le lion chasse et la gazelle est emplie d’effroi,
et ailleurs les loups hurlent la faim qui déchire leurs entrailles
J’AI VU LE ROI DES ROIS A LA TOMBEE DU JOUR
J’AI VU UNE NUIT SANS FIN SUPPLIER LE SOLEIL
J’AI VU L’ORGUEIL DES CERTITUDES SUPPLIER LE PARDON
j’ai vu la dernière étoile se perdre dans des nuits de déraison
j’ai vu un rossignol bleu composer la lumière
j’ai vu les larmes de D.IEU former des océans de tristesse
j’ai vu le tout-puissant aimer l’humilité
j’ai vu des flamands se perdre dans l’infini du temps
j’ai vu des terres multicolores ou poussent des étoiles
j’ai vu des êtres prodigieux compter les nuits d’aurore
j’ai vu des oiseaux verts rassembler des nuages
j’ai vu une licorne blanche se laisser mourir de la souffrance du monde
j’ai vu des mères pleurer des prières à des pays en guerre
j’ai vu des soldats blessés implorer la paix
je sais que des navires fous ont pourchassé des baleines grises
il signe souvent SAINT-JEAN dit LA LUMIERE
UN CLAIR DE LUNE AU-DELA DU NUAGE BLEU M’A CONTE L’HISTOIRE D’UNE PARTIE DE L’INFINI
il parait qu’au pays du 3e firmament les fées disent au vent des béatitudes
il parait que des couchers de soleil forment des roses rouges qui apaisent les tempêtes
il y a des pays ou poussent des fleurs d’oranger aussi belles que des nappes de brume
il parait que la dernière baleine grise détient la mémoire de la préhistoire des mondes
il parait qu’HASHEM a compté les étoiles pour en faire cadeau au poète
il parait qu’il y a des couchers de soleil aussi beaux que les rêves des enfants
il parait que des oiseaux blancs ont volé au-dessus des orangers de SAMARIE
JEANPW. confie volontiers sa carte bancaire à des personnes « en détresse », il héberge un temps une immigrante qu’il qualifie plus tard de « serial killer », à mes retours de congé j’apprends de façon indirecte qu’il est hospitalisé, trouvé sur la voie publique en situation de « péril imminent »,
je me vois désarmée devant le psychiatre hospitalier qui le garde des semaines en hospitalisation et augmente la prescription de neuroleptique qui aggrave le diabète et le surpoids du patient, nous avons une perception différente de la personne de JEANPW.,
j’écris une lettre au psychiatre hospitalier en 2015,
monsieur ( je n’écris pas cher confrère alors que la déontologie m’y oblige et ma religion aussi )
votre façon de « doubler » la prise en charge de mr JEANPW. que je suis depuis près de 5 ans et qui s’inscrit dans le cadre d’une psychothérapie de psychotique me choque,
votre compétence n’est pas professionnelle, elle relève du malentendu, et d’une carence de la perception de ce qui se nomme autrui,
je n’enverrai pas cette lettre par peur d’attiser le conflit au détriment du patient, par après, j’apprendrai que JEANPW. a été placé dans un EPHAD, et le contact sera perdu à ce jour.
les psychiatres classiques disent qu’il s’agit de schizophrènie
schizophrènie signifie esprit dissocie rupture
l’impression qui est donnée par les entretiens ou les textes est celle de pligatures mentales qu’il faudrait décoller, une parole entravée un étant mental enseveli qu’il faut aider à sortir de ses décombres
si dpv sensible on est en phase avec lui il est conciliant si on le contre il se déchaine
le thème varie avec l’interlocuteur
il y a une révolte contre la douleur morale une peur intense de voir son libre-arbitre se dérober
d’après les kinesiologues il a peut-être été tue dans les camps de la mort il n’avait pas de din mavet il est revenu dans ce monde avec une autre apparence une autre famille ce n’est pas facile
il y a de la colère et de la peur et de l’intelligence ce qui peut mener de la part du sujet à de la manipulation